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Floriane Andreani

Aujourd’hui nous rencontrons Floriane Andreani, diplômée de la formation DU Créateur design de mode à Esimode. Elle nous fait part du lancement de sa marque - Verdilacqua - basée sur sa vision de la beauté corse.

 

Portrait de Floriane Andreani, ancienne étudiante d'Esimode

 

Esimode : Bonjour Floriane. Pouvez-vous nous détailler votre parcours ?
Floriane Andreani : Après avoir passé un baccalauréat littéraire, chez moi, en Corse, j’ai intégré l'école Esimode afin d’étudier la création et le design de mode. Pour ce faire, j'ai suivi le cursus Créateur design de Mode.

 

Esimode : Pourquoi avoir choisi de travailler dans la mode ?
Floriane Andreani : Ce n'était pas vraiment un choix, cela a toujours fait partie de moi. Ma mère raconte souvent qu'un jour, quand j'avais 8 ans, je l'ai interpellée après un reportage consacré à Christian Lacroix, en lui disant que je voudrais travailler avec lui plus tard. Depuis ce jour, j'ai officiellement voulu être créatrice !

 

Esimode : Qu’aimez-vous le plus dans la mode ?
Floriane Andreani : Avant toute chose, j'aimerais préciser que l’utilisation du mot « mode », me fait toujours penser l'aspect éphémère. C’est pourquoi je préfère plutôt le terme de création, qui reflète plus à mon goût un processus assez incroyable ! C'est précisément ce processus qui me plaît le plus. Observer, avoir une idée qui mûrit dans un coin de ma tête et tout faire pour lui donner naissance, la rendre réelle. C'est une sensation extrêmement profonde dont je ne peux absolument pas me passer.

 

Esimode : Comment avez-vous connu Esimode ?
Floriane Andreani : Ayant toujours eu pour projet de suivre un apprentissage dans le but de devenir créatrice, je me suis tournée vers les différentes écoles qui se trouvent en France. Je n'avais pas forcément envie d'aller à Paris, ce n'était pas essentiel pour moi. Donc j'étais plutôt tournée vers la province. ESIMODE est une école qui m'a attirée, il y avait un aspect familial très agréable. De plus, je ne connaissais absolument pas Toulouse, donc ça a été une occasion parfaite. Et je ne regrette pas d'avoir fait ce choix !

 

Esimode : Que retenez-vous de votre scolarité à Esimode ?
Floriane Andreani : J'ai appris de nombreuses choses. J'ai beaucoup grandi durant ces 3 années, et pris connaissance de certains aspects de ma personnalité. J'ai découvert des disciplines que je n'avais jamais pratiquées jusqu'alors, comme la Création Assistée par Ordinateur, qui est aujourd'hui essentielle à mon travail ! J'ai aussi énormément progressé en couture, même si ce n'était pas ma matière préférée. Mais j'y ai acquis beaucoup de patience, et depuis je n'ai jamais peur de recommencer totalement un travail dont la qualité ne me satisfait pas. Merci Maryline ! Avec le recul, j’aurais aimé qu'on nous en apprenne un peu plus sur la création de notre propre marque, notre entreprise. C'est assez logique d'avoir envie de donner naissance à un projet qui nous est propre, et peut-être qu'aiguiller les élèves sur certains aspects techniques serait judicieux.

Pouvoir s'exprimer en intégralité

 

Esimode : Vos différentes expériences ne vous ont pas donné envie de travailler dans une entreprise de mode déjà existante ?
Floriane Andreani : J'ai effectué différents stages, dans différents domaines, allant de costumière au Théâtre du Capitole à assistante styliste pour une marque-concept corse. J'y ai appris énormément de choses, qui me sont encore utiles actuellement. Mais cela m’a fait comprendre que je voulais élaborer ma
propre marque, être le capitaine du navire, quitte à traverser des difficultés. Je voulais m'exprimer de A à Z !

 

Esimode : Quand avez-vous lancé votre marque ?
Floriane Andreani : J'ai lancé ma marque quasiment juste après avoir été diplômée. C'est allé assez vite, mais l'idée était déjà présente depuis un petit moment. Le temps de remplir quelques papiers, j'ai lancé mon activité en novembre.

 

Esimode : Comment l’aventure a-t-elle débutée ?
Floriane Andreani : L'idée a commencé à germer lors de la réflexion quant à nos sujets d'examen de fin d'année. Il m'a semblé évident de choisir ma terre natale comme point de départ de cette création. Comme j'avais adoré créer des motifs en cours de CAO DAO, je me suis dit que la Corse serait ma base, ma
matière première. J'ai constaté que ce travail avait plu autour de moi, et je me suis dit que c'était ce concept que je voudrais développer. C'est comme cela que tout à commencé.

 

Esimode : Qu’est-ce qui vous plait dans le fait d’être créative et auto-entrepreneuse ?
Floriane Andreani : C'est un combat quotidien. Le fait d'être auto-entrepreneuse et jeune créatrice vous force à développer des stratégies. C'est extrêmement stimulant ! Rien n'est facile, ni gagné d'avance, c'est un véritable challenge. Mais lorsqu’on a la création au fond de soi, on est forcément très enclin à vouloir démontrer notre vision des choses.

 

Esimode : Comment vous organisez-vous au quotidien ?
Floriane Andreani : Les journées ne se ressemblent que très rarement. La liberté est très importante pour moi, et la possibilité d'adapter mon quotidien un grand plus ! Il faut tout de même avoir de la discipline pour pouvoir travailler efficacement et dans les temps. Globalement, je me fixe des objectifs par semaine, que j'essaie d'atteindre en les répartissant sur mes journées. Ce n'est pas évident quand vous êtes seule, on peut facilement être tentée de ne rien
faire. Donc il faut s'accrocher et respecter ses objectifs.

 

Esimode : Justement, Quels sont vos objectifs à long terme ?
Floriane Andreani : À long terme, j'aimerais que ma marque soit une référence en matière d'éthique, d'abord à petite échelle, dans ma propre région, puis pourquoi ne pas rayonner sur un plan national par la suite ? J'aimerais aussi véhiculer une image positive et moins attendue de la Corse.

Entre mer et montagne

 

Esimode : Pourquoi avoir nommé votre marque Verdilacqua (« vert-d’eau ») ?
Floriane Andreani : Justement, « verdilacqua » est le parfait mélange des couleurs bleu et vert, la mer et la montagne. Ce nom regroupe à la fois la symbolique écologique de la marque, l'aspect coloré essentiel à mon travail, et l'identité corse.

 

Esimode : Comment pourriez-vous définir le style de votre marque ?
Floriane Andreani : Je ne sais pas si la marque a vraiment un style. Elle a d'abord une « mentalité », du caractère. Malgré tout, peut-être que l'aspect écologique/éthique en fait une marque un peu bohème décalée. Le point principal étant le motif, créé à partir d'une photo de paysage corse. Chaque collection se développe autour de cela. Donc, nous pourrions dire que le style est coloré, confortable et actuel.

 

Esimode : Vos créations se font dans un souci écologique, pouvez-vous nous en dire plus ?
Floriane Andreani : Un souci écologique et éthique ! En tant que consommatrice, je me pose beaucoup de questions lorsque j'achète quelque chose. J'avais besoin d'assurer un maximum de transparence à mes futurs clients. Je devais proposer un produit cohérent, dont je n'aurais pas honte de l'origine. De plus, la Corse étant mon point de départ de création, je me suis sentie obligée de travailler des matières naturelles, écologiques ou éthiques. Nous pouvons donc retrouver au fil des collections du coton bio, du bambou ou encore du polyester en bouteilles recyclées.

 

Esimode : La production se déroule-t-elle en France ?
Floriane Andreani : Oui, exactement. Cette année nous retrouvons deux lieux de fabrication différents. Le premier étant mon atelier, en Corse-du-Sud, pour les accessoires et la décoration. Le second lieu est un atelier solidaire, qui emploie des personnes handicapées, près de Lyon. D'après mon expérience, le choix de la fabrication française est une très bonne solution quand on est jeune créateur. Il faut rechercher l'atelier correspondant à vos attentes, cela permet à l’échange d’être plus fluide, et je trouve cela tellement valorisant pour les deux parties que je conseille aux jeunes créateurs de se pencher sur la question sérieusement.

 

Esimode : Où peut-on trouver vos créations ?
Floriane Andreani : Lorsque l'on est jeune créateur il ne faut pas hésiter à multiplier les moyens de diffusion. Je suis donc très présente sur internet, via Facebook notamment. Un e-shop est également très important à notre époque (verdilacqua.com). Je fais aussi partie d'un marketplace qui regroupe de nombreux artisans et créateurs corses (luli-shop.com). Dès que possible j'essaie de vendre en direct lors d’événements spécifiques dans ma région. C'est toujours un immense plaisir de rencontrer ses clients et pouvoir échanger avec eux. C'est très important ! Maintenant que mon réseau commence à se développer, je serai présente dans différents points de vente en Corse d'ici cet été.

 

Esimode : Quels sont les conseils que vous donneriez aux futurs diplômés souhaitant se lancer, comme vous ?
Floriane Andreani : Écouter leur coeur et leur intuition. Ce n'est pas un domaine facile et il faut s'attendre à des difficultés, quel que soit l'objectif choisi. Il faut également essayer de bien s'entourer, car on peut parfois se sentir seul ou incompris, et un coup de pouce peut toujours changer notre vision des
choses. Enfin, je leur dirai que si quelque chose leur tient vraiment à coeur, qu'ils n'hésitent pas une seconde à se donner tous les moyens nécessaires pour la concrétiser. Le jeu en vaut la chandelle !

Merci à Floriane de nous avoir fait découvrir son univers et d'avoir partagé son expérience !

 

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